La Bête du bois de Cinglais

Publié le 22 Janvier 2017

La bête de Cinglais (1632)

La bête de Cinglais (1632)

Décidément, la France et les histoires de bêtes sanguinaires sont liées. Après la Bête du Gévaudan, des Vosges et de l'Auxerrois, nous allons aujourd'hui parler de la Bête du bois de Cinglais, dont la première attaque, le 19 mars 1632, avait fait couler beaucoup d'encre, notamment dans la « Gazette », qui rapportait : « De Caen en Normandie. Le 10 dudit mois de mars de l’an 1632. Il s’est découvert depuis un mois dans la forêt de Singlaiz, entre Si et Falaise, une bête sauvage qui a déjà dévoré quinze personnes. Ceux qui ont évité sa dent rapportent que la forme de cet animal farouche est pareille à celle d’un grand dogue d’une telle vitesse qu’il est impossible de l’atteindre à la course, et d’une agilité si extraordinaire qu’ils lui ont vu sauter notre rivière à quelques endroits. Aucuns l’appellent Therende. Les riverains et gardes de la forêt lui ont bien tiré de loin plusieurs coups d’arquebuse, mais sans l’avoir blessé. Car ils n’osent en approcher, même se découvrir jusqu’à ce qu’ils soient attroupés comme ils vont faire au son du tocsin ; à quoi les curés des paroisses circum voisines ont invité tous les paroissiens à ce jour, auquel on fait état qu’il s’assemble trois mille personnes pour lui faire la huée ».

Comme il était de coutume après des attaques de ce genre, une battue fut organisée au mois de juin de l'année 1633, à laquelle 6000 hommes auraient participé.

La bête, qui avait été identifié grâce à plusieurs témoignages, fut tuée d'un coup d'arquebuse (arme à feu de portée effective limitée) en juin 1633, après quoi les attaques cessèrent. Quelques jours plus tard, le 27 juin, la gazette locale écrivait : « cette bête furieuse dont je vous écrivais l’année passée ayant depuis deux mois dévorés plus de trente personnes dans cette forêt, passait pour un sortilège dans la croyance d’un chacun. Mais le Comte de la Suze ayant par ordre de notre lieutenant général assemblé le 21 de ce mois 5 000 à 6 000 personnes, l’a si bien poursuivi qu’au bout de trois jours elle fut tuée d’un coup d’arquebuse. Il se trouve que c’est une sorte de loup plus long, plus roux, la queue plus pointue et la croupe plus large que l’ordinaire ».

Également surnommée « la Bête de Caen », où « la Bête d'Évreux », la créature du bois de Cinglais avait fait une trentaine de victimes en l'espace d'un an.

Trois siècles plus tard, la légende est toujours bien présente dans les contrées caennaises, où certains disent même encore avoir aperçu la bête...

Rédigé par MédiaMystère

Publié dans #Légendes

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